L'Equipe du Matin
Ours en Russie : pourquoi se rapprochent-ils des humains ?
La multiplication des ours en Russie pose de sérieux problèmes de cohabitation avec les populations locales. Les autorités cherchent des solutions pour protéger les habitants.
En Russie, la présence accrue d'ours à proximité des zones habitées suscite des inquiétudes. Avec une population d'ours ayant plus que doublé en 40 ans pour atteindre 300 000 individus, les interactions deviennent fréquentes. Ce phénomène s'explique par la diminution de la chasse et le recul des forêts, poussant les animaux vers les habitations. Bien que les autorités tentent de réguler la situation, notamment par des mesures de protection des troupeaux et une gestion rigoureuse, la cohabitation reste un défi majeur. La question centrale demeure : comment assurer la sécurité des habitants tout en préservant cette espèce emblématique, alors que la pression sur leur habitat naturel s'intensifie.
Résumé généré automatiquement à partir du contenu audio de l’émission.
Lire la transcription complète
Dans les médias et sur les réseaux, on voit beaucoup passer des vidéos d'ours qui s'invitent dans des villages en Russie. Vous les avez peut-être vus, sur l'une de ces vidéos, on voit un ours brun dressé sur ses pattes arrière, qui frappe à la porte d'une datcha, une de ces maisons secondaires en Russie dans la campagne. Sur une autre, un ours pénètre dans un hôtel de montagne où il y a des gens. Enfin, on en voit encore une où un ours escalade une barrière d'une usine. Ces animaux ne semblent pas du tout impressionnés par les humains. Le bilan est plutôt lourd : au mois, 17 personnes ont été tuées ces derniers mois. Le dernier cas date de la semaine dernière. Les habitants demandent à être protégés, mais les autorités leur recommandent de quitter leur datcha, ce qu'ils refusent, d'autant plus que certains y vivent toute l'année. Pourquoi cet événement est devenu aussi important maintenant ? C'est parce que leur population a plus que doublé en 40 ans et dépasse aujourd'hui les 300 000 en Russie, selon le Ministère russe de l'Environnement. Deux facteurs peuvent expliquer cela : la pression de la chasse a diminué et les surfaces de forêt reculent. Mais d'après ce même ministère, le nombre d'attaques reste stable, entre 20 et 30 par année. C'est la hausse de la population qui fait craindre des incidents de plus en plus fréquents, car les ours sont plus nombreux sur un territoire plus petit et se retrouvent donc, en fait, très très près des habitations. Quelle est la solution pour que tout le monde cohabite ? Il n'y a pas vraiment de solution miracle, mais les autorités de protection de la faune insistent sur un point : ne pas habituer l'ours à la nourriture humaine. L'Office rappelle qu'un ours s'habitue vite à l'homme quand il associe sa présence à de la nourriture facile d'accès. Les ours qui prennent goût à nos déchets doivent souvent être abattus. En Khakassie, en Russie, des brigades équipées de drones traquent les ours près des habitations afin de protéger les habitants. Est-ce que ça pourrait arriver chez nous ce genre de petites histoires ? Pas à cette échelle pour l'ours. Il avait disparu de Suisse en 1904, mais il est revenu en 2005 depuis l'Italie. Pour autant, aucune population ne s'est installée. Depuis 2010, un à deux mâles traversent le pays chaque année, puis ils repartent. Deux ours ont dû quand même être abattus en 2008 et en 2013 pour comportement à risque. En fait, en Suisse, notre parallèle, ce serait surtout le loup, dont on entend parler chaque année. Selon la Fondation KORA, la Suisse compte 350 loups répartis en 43 meutes, qui sont présentes dans neuf cantons, dont Vaud, Neuchâtel et le Valais. La réponse passe par la régulation, avec quand même environ 115 tirs autorisés entre septembre 2025 et janvier 2026, et 77 loups abattus. Et ça passe aussi par la protection des troupeaux, sur laquelle l'Office insiste. En fait, la question est toujours un peu la même : savoir qui fait de la place à qui.

