Il sort un album avec l’IA… Et la critique lui tombe dessus
L’intelligence artificielle s’invite partout, y compris là où on ne l’attendait peut-être pas forcément : dans nos playlists. Et cette fois, c’est Tyga qui se retrouve au cœur du débat avec son nouvel album, qui n’a clairement pas convaincu tout le monde.
La musique et l’IA, une association qui fait débat
Le rappeur américain Tyga vient de sortir $TARFACE, un album aux sonorités très inspirées des années 80. Jusque-là, rien de vraiment surprenant. Sauf que Tyga a reconnu avoir utilisé de l’IA pour une partie de la production.
Avec cet album, Tyga voulait sortir de sa zone de confort. Oubliez les gros tubes rap et les ambiances club auxquelles le rappeur a pu nous habituer.
Pour arriver à ce résultat, Tyga a donc décidé d’utiliser des outils d’intelligence artificielle. Il l’a lui-même reconnu et ne semble pas particulièrement gêné par la polémique. L’IA aurait notamment été utilisée pour créer certains sons de synthé et des solos de guitare.
Pour défendre son choix, le rappeur compare même l’arrivée de l’IA à celle de l’Auto-Tune. Selon lui, les artistes ont toujours utilisé de nouvelles technologies pour expérimenter et faire évoluer leur musique.
Tyga précise toutefois que les paroles et les voix sont bien les siennes. Selon lui, l’album n’a donc pas été entièrement créé par une IA.
Un 0/10 qui fait très mal
Le média musical américain Pitchfork, connu pour ses critiques parfois très sévères, a attribué à $TARFACE une note de 0/10.
Et le critique Drew Millard ne mâche vraiment pas ses mots. Il décrit notamment l’album comme un mélange « indigeste de synth-pop et de disco des années 80 » et lui reproche son manque de personnalité et d’originalité.
Autant dire que l’album n’a pas vraiment convaincu les critiques. Pitchfork reproche notamment au projet son manque de personnalité et son utilisation de références musicales qui donnent parfois l’impression d’écouter une création artificielle plutôt qu’un véritable album avec une identité propre.
Mais la critique va plus loin que la simple utilisation de l’IA. Pour Pitchfork, $TARFACE ressemble surtout à un projet réalisé sans véritable vision artistique, qui cherche à reproduire une esthétique des années 80 sans réellement en comprendre les codes.
Le magazine soulève également une question beaucoup plus large: si l’IA permet de produire de la musique sans faire appel à des musiciens, des compositeurs ou des producteurs, que devient le travail de toutes ces personnes ?
Car derrière un album, il n’y a pas uniquement l’artiste dont le nom apparaît sur la pochette. Il y a aussi des producteurs, des compositeurs, des musiciens de studio, des arrangeurs ou encore des ingénieurs du son. Des métiers qui travaillent souvent dans l’ombre, mais qui jouent un rôle essentiel dans la création d’un morceau.
Cette part humaine fait aussi partie de la musique.
Tyga a choisi d’expérimenter avec l’IA. Une chose est sûre: avec un 0/10 de Pitchfork, $TARFACE aura au moins réussi à faire parler de lui. Et dans une industrie musicale où l’IA ne fait que commencer à prendre de la place, le débat, lui, ne fait probablement que commencer.

