Léna décrypte
Football: l’Espagne finance la congélation d’ovocytes
La Fédération espagnole veut financer la congélation d’ovocytes de ses internationales. En Suisse, hors raison médicale, cette démarche coûte plusieurs milliers de francs.
La Fédération espagnole de football va finaliser un accord pour financer la congélation d’ovocytes des joueuses de la sélection. Objectif: leur laisser davantage de liberté dans leur projet de maternité, sans imposer une pause de carrière au moment de leurs meilleures années sportives. Le détail du programme sera présenté le 21 septembre. Une initiative comparable existe depuis 2021 au Racing Louisville, aux États-Unis. En Suisse, hors motif médical, la procédure reste entièrement à la charge des patientes et coûte plusieurs milliers de francs. La limite légale de conservation, fixée à dix ans, est aussi remise en question par le Comité national d’éthique.
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Une décision inédite vient de tomber dans le football espagnol. La Fédération espagnole de football va finaliser un accord pour financer la congélation des ovocytes des joueuses de la sélection. L’objectif est de leur permettre de choisir le moment où elles souhaitent devenir mères, sans être obligées d’interrompre leur carrière. Les modalités détaillées de cette collaboration seront dévoilées le 21 septembre.
Ce type d’initiative existe déjà ailleurs. Aux États-Unis, le Racing Louisville avait franchi le pas en 2021, devenant la première équipe de football féminin américain à financer intégralement la congélation d’ovocytes de ses joueuses.
Cette mesure est importante pour les sportives professionnelles, car leurs meilleures années, généralement entre 20 et 32 ans, coïncident avec les années les plus fertiles. Une grossesse implique une interruption de plusieurs mois, voire d’une année, avec le risque de perdre sa place en sélection ou en club à un moment charnière de la carrière. La procédure de congélation n’est pas anodine non plus: elle nécessite des injections quotidiennes, une anesthésie pour le prélèvement et parfois un arrêt des entraînements en pleine saison. Le soutien de la fédération peut donc changer la donne.
En Suisse, sans raison médicale précise, la congélation d’ovocytes est entièrement à la charge de la patiente. L’assurance de base ne rembourse la procédure que lorsqu’elle est liée à un traitement qui menace la fertilité, comme une chimiothérapie, et si elle intervient avant 40 ans. Pour un choix personnel, il faut compter entre 5’000 et 9’000 francs pour un cycle complet, auxquels s’ajoutent plusieurs centaines de francs par an pour la conservation. Il faut ensuite encore financer l’utilisation des ovocytes, parfois avec plusieurs tentatives, pour plusieurs milliers de francs supplémentaires.
La loi suisse limite actuellement la conservation à dix ans: cinq ans, renouvelables une fois. Après ce délai, les ovocytes doivent être utilisés, donnés ou détruits. Le nombre de femmes concernées a plus que doublé en quelques années et certaines vivent cette destruction imposée comme un choc. Le Comité national d’éthique s’est positionné cette année en faveur de la suppression de cette limite. Selon lui, rien ne prouve que la qualité des ovocytes se dégrade avec le temps de conservation. Cette règle pourrait aussi pousser certaines femmes à congeler trop tôt ou à transférer leurs ovocytes à l’étranger.
Le sujet est de moins en moins tabou. Des podcasts et des personnalités, comme Whitney Toyloy, en parlent ouvertement. Dans le cyclisme, Élise Chabbey bénéficie aussi du soutien de son employeur pendant sa grossesse et son retour de congé maternité. Belinda Bencic et Sarah Hachemi-Jacquet sont également citées comme exemples de sportives revenant au plus haut niveau après une maternité.
Shaggy, «It Wasn’t Me», sur One FM. Les sons à l’ancienne font plaisir pour attaquer le week-end. Les trois notifs du matin arrivent dans un instant.

