Le décryptage
Roger Federer entre au Hall of Fame du tennis
Roger Federer rejoint le Hall of Fame international du tennis. Retour sur l’histoire de cette institution et les critères pour y entrer.
Roger Federer a été intronisé au Hall of Fame international du tennis dès sa première année d’éligibilité. Dans cette chronique, l’équipe revient sur l’origine américaine de ces temples de la renommée, inspirés du Baseball Hall of Fame. Créé en 1954 à Newport, le Hall of Fame du tennis s’est installé dans un club historique menacé de démolition. Les candidats doivent être retraités depuis cinq ans et recueillir au moins 75% des voix d’experts. L’entrée de Federer, deuxième Suisse après Martina Hingis, a été célébrée à New York et à Newport avec plusieurs événements publics.
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Voir Roger Federer, notre Roger national, pleurer, c’est toujours très émouvant. Il vient d’être intronisé au Hall of Fame du tennis. Mais qu’est-ce qu’un Hall of Fame et d’où vient cette idée?
Le principe est né aux États-Unis: il s’agit d’un lieu qui honore les plus grandes figures d’un domaine, avec une cérémonie d’intronisation officielle. Le premier, qui a inspiré tous les autres, est le Baseball Hall of Fame. Depuis, le concept s’est répandu dans de nombreux sports: le basket à Springfield, le golf en Floride, mais aussi la boxe, la natation ou encore le hockey.
Historiquement, c’est un concept très américain et la majorité des institutions sont encore basées là-bas. Mais certains pays ont aussi leur propre Hall of Fame, comme le Canada pour le football canadien.
Le Hall of Fame du tennis est né en 1954. Jimmy Van Alen, un passionné de tennis, visite le Baseball Hall of Fame et se dit que le tennis mérite lui aussi un lieu de ce genre. Au même moment, le Newport Casino, un club historique du Rhode Island qui avait accueilli les premiers championnats nationaux américains en 1881, est menacé de démolition.
Jimmy Van Alen rachète alors le bâtiment pour le sauver et y installe son Hall of Fame. L’institution devient internationale en 1975 et la Fédération internationale de tennis la reconnaît comme référence en 1986.
Pour y entrer, il faut être à la retraite depuis au moins cinq ans. Des experts votent ensuite et le candidat doit obtenir au moins 75% d’avis favorables. Un vote du public, ouvert dans le monde entier, offre aussi un bonus aux trois candidats les plus soutenus par les fans. Le palmarès, l’impact collectif et le caractère du candidat sont également pris en compte.
Roger Federer y est entré dès sa première année d’éligibilité. Il est le deuxième Suisse à intégrer le Hall of Fame, après Martina Hingis en 2013. Il est le 278e membre et rejoint notamment John McEnroe, Yannick Noah et Stefan Edberg. Cette année, il partage l’affiche avec la journaliste et ancienne joueuse américaine Mary Carillo.
Son intronisation a été accompagnée de plusieurs événements, notamment lors de l’US Open. Trois jours de célébration ont été organisés du 27 au 29 août, avec un dîner durant lequel les nouveaux intronisés reçoivent la célèbre veste bleue officielle, ainsi que des animations familiales ouvertes au public. La cérémonie a été rediffusée dans de nombreux pays.
Être accepté au Hall of Fame ne rapporte pas de prime ni de trophée sportif. C’est avant tout une distinction honorifique. Les intronisés rejoignent à vie une communauté très fermée et bénéficient notamment d’un accès privilégié au site historique de Newport et à ses courts en gazon.
Après Federer et Hingis, Stan Wawrinka pourrait-il être le prochain Suisse à y entrer? Il faudra d’abord attendre sa retraite, puis cinq années supplémentaires. Et y a-t-il des personnes qui ont voté contre Federer? Bien sûr que non… à part peut-être ceux qui n’ont pas aimé sa publicité pour Sunrise.

