Happy Hour
La rentrée et les manifestations : l’analyse de Julie Conti
Julie Conti aborde avec humour et ironie la question du droit de manifester pour les élèves à la rentrée. Une chronique décalée qui rappelle l’importance de l’engagement des jeunes.
Dans cette chronique, Julie Conti aborde de manière décalée l'actualité liée à la rentrée et au droit de manifester. Elle évoque avec humour la demande de la direction générale de l'enseignement obligatoire de Genève, exigeant des enseignants le signalement de potentielles manifestations d'élèves. Entre ironie sur les méthodes de surveillance et rappel sur la liberté d'expression, elle souligne l'importance pour les jeunes de s'engager. Julie rappelle que, malgré les contraintes, les élèves ont le droit de s'exprimer.
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Cette semaine, on a appris que la direction générale de l'enseignement obligatoire de Genève a envoyé un mail à ses enseignants pour leur demander de faire remonter les infos sur des possibles manifestations de leurs élèves. C'est beau, hein? Parce qu'au même titre que l'horlogerie à l'Iode, la délation fait partie de la tradition helvète. Ils ont pas assez de boulot, les profs, maintenant ils doivent aussi jouer aux espions. Pour enseigner à Genève, il faut le diplôme pédagogique et un stage à la CIA pour apprendre à infiltrer les discussions des élèves. Alors, les jeunes, ça part en manif, c'est le seven. Ils ont peur que les mouvements des lycéens français s'exportent dans la cité de Calvin. La libre circulation des personnes, OK, mais des idées? Non. Les idéaux, ils passent pas la les douanes frontières. À la douane de Bardonnex, elle est ouverte aux travailleurs et aux travailleuses frontaliers qui font fonctionner l'économie genevoise, mais pas à leurs mouvements sociaux. Vous avez quelque chose à déclarer? Oui, le droit de manifester. Ah non! En Suisse, les droits sociaux, c'est comme la viande, il y a une quantité maximale autorisée par personne. Ces dernières années à Genève, on a vu une hausse des effectifs par classe, des réformes pédagogiques hors-sol et des gels des annuités des enseignants. Mais la direction générale, elle estime que les élèves genevois sont assez bien lotis et qu'ils ont pas de raison de se mobiliser. La DG, c'est cette daronne qui te force de finir ton assiette de rognon de porc à 8 ans en te disant "mais comment ça c'est pas bon, il y a des enfants en Afrique qui meurent de faim". Et évidemment, il y a aussi des choses à améliorer chez nous. En juin, pendant la canicule, dans certains établissements scolaires, il faisait plus chaud que dans le slip bar de Patrick Bruel en pleine tournée estivale, quoi. Mais ils veulent quoi? Interdire à des jeunes de 15 à 18 ans de se mobiliser? Il y a-t-il un meilleur moyen de donner envie à un ado de faire un truc que de lui interdire? Je veux dire, moi à 16 ans, mes parents ils m'avaient défendu de me faire tatouer. Résultat, ça fait 24 ans que je me trimballe avec une fée dessinée juste en dessous du trou de balle. Et une manif, c'est hyper pédagogique et pluridisciplinaire, tu marches, c'est de l'éducation physique, et si se font nasser par la police pendant la manif du, comme pendant la manif du G7, ça fait comme une balle au prisonnier. Tu écris des pancartes pendant la manif, du coup tu bosses ton français, ton orthographe. Attention, Timéo, enculé, ça s'écrit avec E aigu. Et tu chantes aussi, tu chantes pendant les manifs, c'est de l'éducation musicale. Il paul, si tu savais, ton budget, ton budget, il paul, si tu savais, ton budget, où on se le met? Au cul, au cul, aucune hésitation. Oh, ça me rappelle mes belles années, ça me fait du bien. Alors oui, les gosses, allez manifester. Vous me direz, mais Julie, tu peux pas à la radio faire un appel à manifestation aux gamins. Rassurez-vous, les jeunes, ils écoutent pas la radio. Faut être honnête. C'est vrai, c'est vrai, 80 % de nos auditeurs, ils doivent régler leur sonotone pour pouvoir écouter le point trafic d'Ernie. Mais il a dit quoi? Ça bloque à Bernex ou à Bardonnex? Vous emmerdez pas, ça bloque partout à Genève, de toute façon. Mais au-delà de l'école, les gosses, ils ont toutes les raisons de manifester. Vous avez vu le monde qu'on leur laisse? On a un climat plus déréglé que mes hormones en périménopause. Les dirigeants à travers le monde qui ont le cul et la stabilité émotionnelle d'un candidat des enjeux de la latéralité. Et cerise sur le gâteau, la chanson qui cartonne en ce moment sur TikTok, c'est Toc Toc de Patrick Fucking Sébastien, quoi. Alors oui, bref, après l'école, les enfants, ils ramènent des devoirs à la maison, mais les adultes, il faut pas qu'on oublie qu'ils ont aussi des droits. Voilà, bravo Julie Conti bien sûr.

