Happy Hour
Pourboires par carte: la pression des terminaux
Les terminaux proposant 5%, 10% ou 15% de pourboire mettent-ils les clients sous pression? Nour et Hervé défendent un pourboire spontané, plutôt qu’un choix imposé par écran.
Dans L'Happy Hour, Nour et Hervé s'attaquent aux pourboires proposés sur les terminaux de paiement. Les choix automatiques de 5%, 10% ou 15% sont perçus comme une pression, alors que 62% des Suisses les jugeraient négativement selon un sondage cité à l'antenne. Hervé raconte son échange avec un responsable de restaurant après avoir refusé ce système. Il défend la tradition suisse consistant à arrondir l'addition ou à ajouter quelques francs, librement. Pour Nour, le problème n'est pas le pourboire, mais l'impression que la machine impose déjà la décision au client.
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Nour passe l'heure avec nous, comme tous les mercredis. Elle ne mange qu'au restaurant, midi et soir: pas question de cuisiner, il faut être servie à table. Justement, ce soir, on parle de la culture du pourboire. Le pourboire ne date pas d'hier. En Angleterre, dès le XVIIe siècle, laisser quelques pièces aux domestiques et aux employés d'auberge permettait de remercier un bon service. C'était aussi une manière de montrer qu'on en avait les moyens. Aujourd'hui, les pièces ont presque disparu. À la place, les terminaux de paiement proposent 5%, 10%, 15%, ou le redouté bouton «Non merci». Le serveur est là, il vous regarde pendant que vous hésitez à refuser par principe. Mais, pour ne pas passer pour quelqu'un de radin, vous finissez parfois par céder. Un sondage cité à l'antenne indique que 62% des Suisses voient négativement les pourcentages de pourboire proposés directement sur les terminaux. Un chiffre qui ne surprend pas vraiment. Hervé a vécu la situation le midi même. Son addition s'élevait à 36 francs et quelques centimes. Il souhaitait arrondir à 38 francs, soit deux francs de plus pour un repas simple. Mais le terminal lui demandait d'abord le détail de ce qu'il avait consommé, puis affichait les options de 5%, 10%, 15%, 20% et un autre montant à saisir. Pour ajouter 1 franc 50, il fallait taper 150, sans virgule. Il juge ce système compliqué et inadapté. Selon lui, les plus jeunes risquent de ne pas oser appuyer sur «Non merci» et de choisir automatiquement l'un des pourcentages proposés. Pour Nour, ce n'est pas le fait de laisser un pourboire qui dérange, mais l'illusion du choix. La machine donne l'impression qu'il faut décider, alors que la pression est déjà installée. Les deux animateurs réclament le retour d'un pourboire spontané: celui que l'on laisse parce que le service était agréable, qu'un digestif a été offert ou que l'on a simplement passé un bon moment. À leurs yeux, un pourboire demandé par un écran devient davantage une forme de sollicitation qu'un véritable geste de reconnaissance. Hervé défend aussi une habitude suisse: demander à arrondir l'addition ou ajouter deux, trois ou cinq francs, selon son envie. Il rappelle qu'en Italie ou en Espagne, le pourboire se donne souvent en espèces. Les auditeurs sont invités à réagir et à imaginer quels autres métiers pourraient aussi recevoir un petit pourboire.

