Le Mag de Solène
Sucreries aux caisses: une enquête dénonce le marketing
Une enquête de la FRC dénonce la présence massive de sucreries aux caisses des supermarchés. Ces produits, qui ciblent souvent les enfants, sont jugés problématiques par la grande majorité des clients interrogés.
La Fédération Romande des Consommateurs (FRC) a mené une enquête sur les sucreries omniprésentes aux caisses des supermarchés, particulièrement à Genève où 98% d’entre elles en sont garnies. Ces friandises, dont 22% ciblent directement les enfants, sont en grande majorité déconseillées par l’OMS. L’étude révèle que cette pratique est jugée problématique par 80% des consommateurs, car elle crée des tensions avec les enfants et pousse à des achats d’impulsion malsains. La FRC propose des solutions concrètes, comme le remplacement de ces produits par des alternatives saines (noix, compotes), et appelle les distributeurs ainsi que les politiques à agir pour limiter ce marketing.
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Et tout de suite dans le Mag de Solène, nous allons parler des bonnes choses dont il ne faut pas abuser, en particulier des sucreries.
Oui Hervé, je te connais par cœur! Sauf que quand tu vas faire tes courses, il y a toujours ces petites douceurs que tu vois à la caisse. Tu me connais, moi je ne les touche pas parce que je suis plutôt salé, ou alors je prends une petite plaque de chocolat noir. Oui mais un petit bonbon de temps en temps, tu ne dis pas non quand même? Un petit Sugus, mais j'en ai à la maison!
Bon, en tout cas, la Fédération Romande des Consommateurs publie une enquête sur les sucreries en caisse des supermarchés en Suisse romande, avec un focus particulier pour le canton de Genève. Et les chiffres parlent d'eux-mêmes: 98% des caisses genevoises avec service sont garnies de friandises. 22% de ces produits s'adressent aux enfants et plus de 99%, à notre grande surprise forcément, sont déconseillés par l'OMS. Alors on rappelle par ailleurs qu'à Genève, une motion adoptée en 2023 demandait le retrait des sucreries à proximité immédiate des caisses. Et les consommateurs sont bien conscients de cette problématique. Écoutez Juliette Ivanez, elle est responsable alimentation à la FRC.
«Oui, effectivement. Dans le sondage réalisé, on voit que 80% des personnes interrogées pensent que ces sucreries sont un problème. Par exemple parce qu'elles créent des tensions avec les enfants aux caisses, et puis aussi parce qu'elles poussent les enfants et les jeunes à consommer plus de ces produits sucrés. Ce qui est intéressant aussi et qu'on a vu avec ce sondage, c'est que les consommatrices et les consommateurs appellent à l'action face à ce constat, puisqu'ils étaient également trois sur quatre à estimer que les techniques marketing ne devraient pas pouvoir cibler les enfants en ce qui concerne les produits les plus sucrés et les plus malsains.»
Et on pourrait aussi imaginer remplacer simplement les bonbons par des produits plus sains. On retrouve Juliette Ivanez.
«Pour nous, effectivement, c'est vraiment une question de volonté des distributeurs de secouer un peu ce statu quo et puis d'accepter d'expérimenter des assortiments un petit peu différents. On voit que ce n'est pas impossible, puisque certains le font, alors de manière encore très marginale, mais on a retrouvé quelques caisses avec des produits comme des sachets de noix ou des petites gourdes de compote. Donc c'est visiblement tout à fait possible. Les distributeurs devraient répondre sur la marge de manœuvre qu'ils estiment avoir réellement, mais des expérimentations dans d'autres pays ont montré qu'il était tout à fait possible en fait de proposer des produits plus sains sans réduire le chiffre d'affaires du supermarché.»
Alors avec cette enquête, la FRC appelle les politiques à se ressaisir de la question. L'enjeu est aussi d'amener les distributeurs à la table des négociations pour demander une limitation, voire même un retrait total de ces sucreries aux caisses. On ajoute aussi que ce sont des zones de caisses qui sont très lucratives pour les supermarchés, parce que les produits sont en petit format, ils ne coûtent pas très cher, entre deux et trois francs. Mais quand vous regardez le prix au kilo, forcément, ce sont eux qui se font de bonnes marges. En tout cas, si vous voulez retrouver toute l'enquête de la FRC, c'est très intéressant. On vous met le lien sur onefm.ch.

